Interview : Hubert de GERMAIN, Responsable du Département Méthodes

Le métier de Responsable Méthodes ou plus communément connu sous le nom de Supply Chain Manager, est un métier devenu indispensable au sein des moyennes et grandes structures. Le responsable Méthodes optimise les process de production, gère les plans de maintenance préventive, la mise en oeuvre des modes opératoires et la mise en place des indicateurs de suivi des dysfonctionnements. Nous avons rencontré Hubert de Germain, Responsable du Département Méthodes au sein d’ ENGIE COFELY.

Question 1 : Aujourd’hui, que préférez-vous dans votre travail ?
Être dans les méthodes c’est réaliser des missions d’amélioration ou d’homogénéisation des processus logistiques pour atteindre la qualité de service attendue.
Mon travail est de collaborer d’abord avec l’exploitation. C’est là, selon moi, tout l’intérêt de mon poste : être, avant toute chose, un homme de terrain. On n’atteint aucun résultat sans avoir réussi à impliquer les opérateurs dans la démarche.
J’en suis persuadé, il n’y aura pas de réponse durable aux problèmes posés sans avoir fait au préalable un diagnostic terrain fiable. En tant que responsable Méthodes, je dois passer du temps avec les opérateurs pour comprendre les problèmes posés. Dans la très grande majorité des cas ce sont les opérateurs eux-mêmes qui trouvent la solution à leur problème.

Question 2 : Quelles sont, selon vous, les qualités primordiales, requises pour le métier de Supply Chain manager ?
Sans hésiter, je dirais qu’un manager est celui qui sait être à l’écoute. C’est difficile… ça nécessite d’être disposé à changer d’avis, de ne pas appliquer des modèles standard à des cas particuliers. Mais il est aussi celui qui porte une vision et qui sait la communiquer. Le manager doit savoir formuler les grandes orientations de sa vision à ses collaborateurs. C’est essentiel pour organiser le travail d’équipe. Un collaborateur a besoin de savoir où son manager veut aller pour l’aider à y aller. Pour finir, le Supply Chain manager est celui qui tranche. Nous sommes dans des métiers où tout va très vite et où tout est prioritaire. Le manager doit pouvoir être force de proposition auprès de ses donneurs d’ordres pour optimiser le temps.

Question 3 : Pour quelle raison conseilleriez-vous d’exercer ce métier ?
C’est, je crois, un métier d’avenir. La logistique est une fonction indispensable aux organisations. C’est encore plus vrai avec l’explosion du e-commerce. La mondialisation est aussi une des raisons de l’accroissement de la logistique.

Question 4 : Y a-t-il des points négatifs ?

Je préfère parler de difficultés que de points négatifs. Il s’agit plutôt d’évoquer les défis auxquels je suis confronté.
Il y a deux grandes notions qui caractérisent la Supply Chain : les coûts et les délais. Le temps c’est de l’argent. C’est pourquoi je suis quotidiennement confronté à des situations d’urgence.

Comment réaliser les tâches dans les délais ?

Au fonds, la gestion des urgences est la fonction du Supply Chain Manager. La priorisation des projets est mon principal défi. Ça nécessite de trancher pour ajuster les priorités aux objectifs, les objectifs à la stratégie et la stratégie à la vision.

Question 5 : Considérez-vous le Supply Chain comme une arme stratégique pour les entreprises ?
C’est définitivement un levier stratégique pour les entreprises. La Supply Chain vient optimiser les organisations en créant de la souplesse. Elle vise aussi à éliminer les gaspillages. En bref, ça permet de diminuer les coûts et d’augmenter les marges.

Question 6 : Le digital révolutionne-t-il votre métier, comme il peut le faire dans certains secteurs ?
L’informatique a tout changé dans la logistique : ça a permis la traçabilité des flux, l’optimisation des stock… Le digital vient lui aussi faire sa révolution. Les Google Glass par exemple peuvent être utilisées pour faire du picking lors de préparations de commandes.

Question 7 : Comment gérez-vous les changements d’avis des clients en plein processus ?

Je crois qu’il est aussi de ma responsabilité, comme manager, d’orienter la demande du client. C’est pourquoi, il est essentiel de préciser dès le départ les attentes du client. Il faut préciser les objectifs.

Quel est le but ? Parle-t-on de la même chose ? Ce sont les deux questions à se poser pour ne pas perdre temps.

Les objectifs doivent être SMART. C’est une façon de limiter les changements ou autres contrordres des clients.

Question 8 : Quel est le plus grand enjeu que vous observez dans le management de vos équipes ?
J’ai pu constater deux enjeux majeurs dans le management d’équipe : d’abord d’avoir les bons profils en matière de compétence, leur permettre ensuite d’évoluer en interne. L’évolution et la progression de ses collaborateurs sont fondamentales pour le dynamise et la stabilité des équipes. On ne parle pas encore beaucoup de la QVT dans les milieux logistiques. Mais la qualité de vie au travail est aussi essentielle pour réussir à construire.

Lucile Friard, Consultante Fyte Achats & Logistique

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